Sur le petit boîtier format téléphone portable, Nick Brown entre
dans son GPS les coordonnées de la première étape d'une chasse aux trésors
intitulée The bug stache [la cache à insecte ndlr] : N 48°
36 533 E 007° 47 993. En quelques secondes, le GPS affiche une
flèche pointant en direction de l'étape et la distance nous en séparant,
361 mètres.
Nous sommes à l'entrée du parc de Pourtalès et vu la
direction indiquée par l'appareil, le jeu de pistes se fera dans la forêt
de la Robertsau. Par temps sec et froid, c'est le lieu idéal pour une
partie de geocaching (lire encadré), « une chasse aux trésors aidée
d'un GPS, dans un endroit sympathique », traduit Nick Brown.
« L'intérêt du geocaching, c'est qu'on ne sait jamais si on va
trouver. Cette dimension ludique en fait le passe-temps idéal pour les
pères de famille qui ont du mal à bouger leurs gosses », ajoute-t-il
tout sourire.
Pas un simple
promeneur
En outre, se promener en quête de quelque chose de caché, donne,
avec un peu d'imagination, toutes sortes de satisfactions. « Quand je
croise de "simples promeneurs", je ne peux pas m'empêcher de me
dire : "je suis dans le secret et pas vous" », s'amuse
Nick.
Pour ne pas gâcher le plaisir d'éventuels
« chercheurs », la déontologie nous interdit de révéler les
endroits où se trouvent les deux jeux de coordonnées GPS qui mènent à la
cache. Ne pas déflorer le sujet est d'autant plus nécessaire que l'auteur
de cette chasse - un Flamand répondant au doux pseudo de
Leprechaun - a balisé les étapes, laissé un trésor et posté les
indications nécessaires sur le site www.geocaching.com sans aucune
contrepartie. Tout se fait dans le bénévolat le plus absolu.
Nick
Brown, pseudo sTeamTraen, a déjà planqué, lui, une dizaine de trésors à
Saverne, Huttenheim, Traenheim ou ailleurs. Passionné et voyageur, il a
déjà suivi la piste de plus de 140 caches créées par d'autres, aux
Etats-Unis, en Hollande, au Royaume-Uni etc. « La pratique du
geocaching permet de faire le tour des sites touristiques insolites d'une
région, sans pâtir du côté systématique du guide »,
appuie-t-il.
La chasse demande un bon sens de
l'observation : la plupart du temps, les coordonnées de l'étape
suivante sont écrites sur un arbre, sur le pied d'un panneau ou planquées
dans des petites boîtes pour pellicule photo. Le trésor lui-même, une
boîte étanche en général, demande parfois de fouiner un peu plus.
Des insectes en
plastoc pour trésor
Ce mercredi, dans la forêt de la Robertsau, quelque part sur le
chemin du Thalerkopf, Nick finit par trouver, le trésor - la cache
dans le jargon - une boîte à outils grise et rouge. A l'intérieur des
insectes (bugs en anglais) en plastique, un petit carnet et un crayon. Les
découvreurs successifs ont tous laissé quelques mots sur la balade, les
difficultés rencontrées, le temps qu'il faisait etc.
Deux
geocacheurs ont déjà trouvé le trésor, prenant quelques insectes et en
laissant d'autres : « C'est précisé sur le site, c'est une cache
à thème, on vient avec une bestiole en plastique et on repart avec une de
celles de l'inventeur », détaille Nick.
Si la promenade au
milieu des cornouillers sanguins et des bouleaux verruqueux s'est révélée,
ce mercredi, fort agréable, un problème persiste, pour s'adonner au
geocaching, il faut un GPS - 150 à 200 € pour un modèle
sérieux.
Résultat : « Si la France compte 10
geocacheurs actifs et 500 caches, c'est le bout du monde », déplore
Nick Brown, arrivé à Strasbourg en 1990. Il ne se sent pas seul pour
autant : le Bade-Wurtemberg compte près de 500 actifs et l'Allemagne
abrite 7 000 caches, qui ne demandent qu'à être découvertes...